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L'immense « Carmina Burana »

photos : Raoul Gilbert

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« L'œuvre la plus célèbre de Carl Orff, et j'ose le dire : peut-être une des œuvres les plus célèbres du répertoire de l'histoire de la musique ».

David Reiland, directeur musical de l'Orchestre national de Metz Grand Est

L'Orchestre national de Metz Grand Est, sous la direction de David Reiland, s'est associé à trois solistes de talent, la soprano Florie Valiquette, le contre-ténor Xavier Sabata et le baryton Armando Noguera, ainsi qu'à 135 choristes (Chœur de l'Orchestre de Paris, chœur d'enfants du Conservatoire de l'Eurométropole de Metz et chœur de l'INECC) afin d'offrir au public l'expérience inoubliable de l'une des plus grandes œuvres du répertoire classique.

Carmina Burana : le titre signifie « chants de Beuren », du nom de l’abbaye bavaroise où furent retrouvés les poèmes médiévaux qui ont inspiré Carl Orff. Après le célébrissime prologue de la partition, l’oeuvre exalte le plaisir – qu’il s’agisse d’amour, d’érotisme, d’argent ou de vin – dans une caricature des travers humains.

Carl Orff
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Carl Orff (1895-1982), formé à l’Académie de musique de Munich, s’est d’abord consacré à la direction et à la pédagogie avant de développer un style personnel marqué par une recherche d’archaïsme. Influencé par le théâtre antique et la musique médiévale, il fonde en 1924 la Günther-Schule, dont l’approche éducative novatrice basée sur la percussion et le chant influencera durablement l’enseignement musical. Avec Carmina Burana, créée en 1937, Orff élabore une partition où l’écriture répétitive puise dans la simplicité archaïque pour générer une puissance expressive immédiate. Inspirée par un recueil médiéval de chants profanes du XIIIᵉ siècle, l’œuvre s’organise en une structure en triptyque encadrée par l’incontournable O Fortuna, invocation à la roue du destin dont l’élan inexorable confère à l’ensemble une portée quasi rituelle. Entre ces deux piliers, trois sections se déploient : Primo vere, célébrant le renouveau printanier, In taberna, plongée dans l’univers des beuveries et de l’excès, et Cour d’amours, où s’exprime le désir amoureux. Loin de toute complexité contrapuntique, Orff privilégie une écriture monodique et homophonique qui amplif¡e la force incantatoire des textes. Les percussions omniprésentes, les rythmes obstinés et la scansion des voix confèrent à la musique une énergie brute, ancrée dans un héritage à la fois médiéval et populaire. L’orchestration, percutante et dépouillée, renforce cet effet de primitivisme moderne, tandis que la répétition de cellules mélodiques et rythmiques instaure une tension dramatique qui culmine dans l’apothéose f¡nale.